Il y a, dans les pièces de Villa Apolline, des objets venus d'Asie. Rien d'exotique au sens décoratif du terme. C'est que la famille qui possède la maison vit aujourd'hui en Asie, et que ces objets ne sont pas un décor pensé pour des hôtes, mais des morceaux de leur propre vie déposés dans une maison de parfumeur du XIXe siècle. Ce dialogue entre Grasse et l'Asie, on ne l'invente pas pour la villa : il existe déjà, avant même qu'un visiteur n'y prête attention. C'est pour cela qu'une exposition comme celle que le Musée international de la parfumerie ouvre cet été n'est pas, pour nous, un simple événement culturel à signaler. Elle résonne avec quelque chose de plus personnel, et la savoir accessible à quelques minutes de marche de la maison est une chance qu'on a envie de partager avec ceux qui y séjournent.
L'exposition Parfums d'Asie 2026
« Parfums d'Asie, cultures olfactives traditionnelles de la Chine à l'Inde » se tient du 26 juin 2026 au 3 janvier 2027 au Musée international de la parfumerie, 2 boulevard du Jeu de Ballon, en plein centre historique de Grasse. Depuis la villa, c'est une descente à pied, par les ruelles de la vieille ville. Le musée lui-même mérite qu'on s'y attarde au-delà de cette exposition temporaire : nous lui consacrons un guide séparé pour ceux qui veulent en préparer la visite. Horaires et tarifs de l'exposition changent selon la saison ; mieux vaut les vérifier directement sur museesdegrasse.com avant de partir.

L'art chimérique
L'exposition rassemble des objets venus surtout de Chine, du Vietnam et du Japon : encensoirs, coffrets, flacons, instruments à parfumer les vêtements ou à mesurer le temps par la fumée. Devant certaines pièces, on pense à Victor Hugo, qui parlait de « l'art chimérique » pour décrire ce que l'art chinois a de fabuleux et de composite, loin de l'idéal grec auquel l'Europe du XIXe siècle comparait tout. La formule prend un sens très concret ici : une chimère qui porte de l'encens sur son dos, un bateau-dragon qui est en réalité une horloge, sculpté et laqué sous la dynastie Qing. Le bâtonnet d'encens, une fois allumé, brûle à l'horizontale à l'intérieur du bateau ; des billes de bronze suspendues à un fil tombent à mesure de la combustion et frappent une coupelle en métal, marquant les heures d'un son plutôt que d'une aiguille. La forme du bateau elle-même vient des embarcations du festival des bateaux-dragons, célébré au solstice d'été. Mesurer le temps en le sentant brûler : l'idée a de quoi arrêter un visiteur pressé.
Les matières qui ont traversé l'Asie
Une grande partie de l'exposition est consacrée aux matières premières, et le parcours rappelle à quel point le parfum, en Asie, s'est construit par circulation. Le bois d'agar et le santal, venus d'Asie du Sud-Est ; le camphre de Bornéo, apprécié pour sa puissance diffusive ; le clou de girofle, la cannelle, le galanga, le nard de l'Himalaya, l'angélique chinoise ; le benjoin de Sumatra, entré en Chine sous la dynastie Han grâce aux routes commerciales aujourd'hui appelées routes de la soie. Les matières animales, plus rares, viennent des marges montagneuses de l'Asie : le musc du chevrotain porte-musc de Sibérie, longtemps chassé pour cette seule raison et aujourd'hui classé espèce vulnérable, largement remplacé en parfumerie par des molécules de synthèse ; et l'ambre gris, cette concrétion née dans l'estomac du grand cachalot autour de becs de calmars non digérés, rejetée en mer ou ramassée sur le rivage après des années de maturation.

Objets
Le parfum porté sur soi
À côté des matières premières, l'exposition montre aussi comment on portait le parfum en Chine : de petits sachets de soie brodée, fermés de pompons, glissés dans un vêtement ou noués à une ceinture. Un objet aussi discret qu'un flacon, mais pensé pour accompagner le corps plutôt que la pièce.
Depuis la villa
C'est une sortie qui s'ajoute simplement au séjour, sans rien bousculer, entre une matinée dans le jardin et un dîner en terrasse. Pour nous, elle a un sens de plus : voir réunis, à quelques rues de la villa, des objets qui parlent la même langue que ceux qui sont déjà dans ses pièces. Elle se combine bien avec une flânerie vers les grandes maisons de parfumerie de la vieille ville, ou avec les autres sorties réunies dans la rubrique Découvrir.
FAQ
Jusqu'à quand peut-on voir l'exposition Parfums d'Asie au Musée international de la parfumerie de Grasse ?
L'exposition se tient du 26 juin 2026 au 3 janvier 2027 au Musée international de la parfumerie de Grasse, 2 boulevard du Jeu de Ballon.
Comment se rendre au musée depuis Villa Apolline ?
Le musée se trouve dans le centre historique de Grasse, à quelques minutes de marche de la villa, par les ruelles de la vieille ville.
Faut-il réserver pour visiter l'exposition ?
Les horaires et modalités de réservation changent selon la saison : vérifiez-les directement sur le site officiel museesdegrasse.com avant de vous déplacer.


